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Actualité

Le 2 octobre dernier, Nicolas Sarkozy a remis la Légion d'honneur au cinéaste David Lynch qui a commenté cette récompense ce déclarant: J'aime la France, ce n'est pas un secret, avant de suggérer au président français de bâtir une tour d'invincibilité à Paris, afin de rendre la France et son président invincibles.
Tout comme ses films, Nicolas n'a certainement pas compris, mais a trouvé ça très beau. Enrico Macias, alors en tournée dans la banlieue d'Antibes, a dû se mordre les doigts de ne pas y avoir pensé plus tôt...
R.
63-por-08-h.jpg Bertrand Cantat est sorti de prison.
C'est fou ce qu'on peut lire sur cette libération.
Un internaute: Un braqueur tue un directeur de banque pour se defendre il prend perpetuité un mec tue une femme a coup de baffes il fait quatre ans on peut m expliquer ?????
Une internaute: Tous les jours sur cette planète il ya des gens qui tuent des gens involontairement , et on en fait pas tout un plat, si ce n'était pas Bertrant Cantat personne n'en parlerait.
Tout et son contraire.
Franchement, le plus grand service qu'il pourrait nous rendre serait de recommencer à écrire des trucs aussi bien que Nous n'avons fait que fuir, et il sera quitte.
Sinon, le dernier Radiohead est franchement pas mal.
R.

La verve oratoire n’a jamais été son point fort. Il n’y avait donc pas grand chose à espérer du discours de Ségolène Royal après son résultat du premier tour. Mais je n’imaginais pas pour autant un ratage aussi violent. Il y avait sûrement mieux à faire pour entamer un deuxième tour qui sera dans tous les cas extrêmement dur pour elle. Et l’impact de la première image, celle qui reste dans les esprits, laisse déjà un goût amer. Sarkozy, lui, l’a bien compris en attaquant tout de suite avec son discours d’agneau centriste ultra rodé à une heure d’écoute encore maximale. Faux cul au possible, certes, il a été capable de donner des frissons au plus féru des partisans de Schivardi. D’une incroyable efficacité à mon sens. La crédibilité, on verra ensuite…

Royal, elle, attends, attends, et lorsqu’elle parle, enfin, c’est les téléspectateurs qui attendent… que ça finisse. Le décor d’abord. Tailleur blanc sur fond blanc, on aurait pu imaginer mieux. Comme si le but était que personne ne la remarque. Ensuite, il y a ces gestes de mains pour calmer la foule, très bizarres; semi-autoritaire-sérieuse «silence les enfants», semi-paralysée «je vais me planter, putain, je vais me planter!». Et puis, le grand vide: 10 ou 15 secondes de silence où tout le monde reste suspendu, se demandant «mais qu’est-ce qu’elle fout? elle va quand même pas nous chanter la Marseillaise!». Au moins cet instant aura été teinté d’un soupçon d’émotion. Avant que le robot ne se mette en marche, pour dix très longues minutes. Une «spontanéité brejnevienne», comme le dit très bien Pascal Riché sur son blog (au passage, RIP Boris Eltsine, qui vient de rejoindre le paradis des souillasses).

Puis, très vite, c’est le couac. La lumière s’éteint. A ce moment, je m’imagine le type qui s’est tranquillement appuyé contre le mur sans remarquer l’interrupteur et que tout le monde va engueuler trois secondes après, alors qu’il «avait pourtant pas fait exprès»! Bref, la cata... Le tout transpire une fébrilité hallucinante, surtout après le one man show pétillant du Sarkozy nouveau. On peut déplorer que la politique devienne une guerre d’images, mais négliger à ce point la communication politique me parait quand même désespérant.

Quoi qu’il en soit, le match est lancé. Et un discours ne fait pas plus une élection qu'un(e) président(e). On se réjouit déjà du débat face à face le 2 ou 3 mai prochain. Résurrection inattendue ou boucherie sans nom? Ça risque quand même bien de saigner…

GROS TONY

La guerre des Wiki fait rage! De plus en plus d’émules de Wikipedia apparaissent sur le web en utilisant le même modèle d’encyclopédie participative. Après Anarchopedia ou Wikiberal, qui sont plutôt des bases de données dans leurs domaines respectifs, le Wiki qui fait sensation en ce moment est Conservapedia!

Comme le rapporte le magazine Ecrans (lire ici), ce moteur de recherche a été imaginé par quelques conservateurs américains qui n’en pouvaient plus du Wikipedia officiel jugé «trop à gauche». «Wikipedia est six fois plus libéral (comprendre 'à gauche de l'échiquier') que le public américain», écrivent-ils dans une page qui liste les «biais politiques» de Wikipedia. C’est vrai que se présenter officiellement comme conservateur est un sérieux gage d’objectivité!

Les thèmes qui fâchent? La théorie de l’évolution par exemple, on pouvait s’en douter. Selon Conservapedia, «les modifications visant à inclure des faits contre la théorie de l’évolution dans Wikipedia sont presque toujours immédiatement censurées». Avec leur dico perso, les réacs créationnistes peuvent ainsi donner une définition plus «objective» de l’évolutionnisme, en avançant notamment toutes les «controverses scientifiques» qui l’entourent et le «maigre consensus» qu’il dégage. Avant d’ajouter, scandalisés: «Bien que la plupart des Américains (et probablement la majeure partie du monde) rejettent la théorie de l’évolution, les éditeurs Wikipedia sont presque tous pro-évolution.»

Autre exemple sympathique, le «Gun Control», ou le droit inaliénable à l’armement des citoyens. On ne s’étonnera pas de trouver sur cette page un pur plaidoyer en faveur du port d’armes, sans même une petite mise en perspective. Extraits: «Ce privilège nous a été accordé par les pères fondateurs de notre pays (…). Une remise en cause de cette disposition serait imprudente et injustifiée, l’interdiction des armes à feu rendrait la population plus vulnérable au crime.»

Mais surtout, expliquent-ils très sérieusement, «les armes nous protègent de la tyrannie des gouvernements corrompus. Si seuls les militaires étaient armés, notre démocratie deviendrait une dictature. Ce fut le cas lors de la formation de plusieurs régimes totalitaires, comme l’Allemagne nazie, la Chine communiste et l’Union soviétique». On en apprend des choses dans le dictionnaire...

GROS TONY

Peut-être que certains d’entre vous ont aussi reçu ce mail: «Voici un reportage de lundi investigation sur Canal. Il a été interdit d'antenne et ne passera donc jamais sur la chaîne. Regardez-le vite! http://video.google.fr/videoplay?docid=-8996055986353195886
A diffuser, avant la censure définitive!» Intrigué, je clique sur le lien et découvre un documentaire plutôt explosif sur les OGM. Des rapports scientifiques prouvant la nocivité des OGM sur les rats, donc potentiellement sur les hommes, auraient été volontairement occultés par le Ministère de l’agriculture.

Bref, la théorie du complot qui se dessine est double: de la même manière que ces résultats scientifiques ont été cachés au public, Canal + aurait tout bonnement censuré l’émission.
«Tous les mêmes, tous pourris!», se diront probablement les plus suspicieux. Pour ma part, c’est en voyant la date de diffusion (ou de non diffusion) du reportage, le 15 septembre 2005, que j’ai eu quelques doutes. Improbable qu’un telle histoire soit restée secrète pendant aussi longtemps.

Et la réponse à mes interrogations est tombée hier, dans les colonnes de Libé, dont un journaliste a pris le temps de vérifier la chose. Censure? Pas le moins du monde! Le reportage a bel et bien été diffusé sur Canal + le 15 novembre 2005 dans l’émission 90 minutes, sans qu'aucune entrave n'ait été constatée… Alors que l'enquête, elle, porte sur des faits étayés, sa censure est donc une pure fabulation médiatique... qui ne fait d'ailleurs pas que des malheureux. Le complot est plutôt vendeur en ce moment et attire facilement tous les regards du web. Interrogé par Libé, le directeur de l’émission à l’époque, Paul Moreira, en rigole grassement: «C’est historique! A cause de cette fausse histoire de censure, ce doc a été vu par deux fois plus de gens sur internet qu’à la télé.»

GROS TONY

Vous avez sûrement entendu parler de Blood Diamonds, film hollywoodien pour lequel Di Caprio est nominé aux oscars? Non? C’est pas grave, je ne l’ai moi même pas vu, il paraît qu’il est tout pourri… Non, ce qui m’intéresse, c’est plutôt le phénomène médiatique qui l’entoure: les ONG Global Witness et Amnesty International en ont profité pour dénoncer, avec le poids que peut posséder un Di Caprio, le négoce de diamants sales.

Pour être plus clair, la trame du film est construite autour du commerce de diamants qui finance au bout de la chaîne l’achat d’armes par des tyrans d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique Centrale, tout en exploitant les populations ainsi soumises à l’extraction des pierres. Les armes issues de ce système ont fait, selon les estimations d’Amnesty, environ 3,7 millions de morts pendant les années 90. Mais, ce n’est malheureusement pas uniquement de l’histoire puisque ce trafic permet encore aujourd’hui de financer des conflits interethniques particulièrement violents (Darfour?) et, last but not least, de financer des conflits impliquant des enfants soldats. Bref, d’une pierre deux coup…

La polémique autour du film et de l’origine plus ou moins morale des diamants a fait paniquer les diamantaires soucieux de l’image d’amour, de beauté et de pureté véhiculée par la pierre éternelle. De Beers, la plus grande compagnie mondiale du secteur (40% de la production et 80 % du négoce quand même), anticipant une baisse des ventes dues à la publicité négative du film, a débloqué un budget communication exceptionnel de huit millions de dollars. Parmi les mesures phares de cette stratégie, J-Lo et Beyoncé, ou plutôt une ONG africaine de leur choix, se sont vu offrir 10'000 dollars pour porter ostensiblement des diamants lors de la cérémonie des Golden globes. Cérémonie pour laquelle concourrait également Blood Diamonds… Et dire que je pensais être cynique, y’a encore du travail.

En fait, la grande peur de la De Beers est de voir son commerce succomber, à l’instar de celui de la fourrure, à une vague médiatique compromettant l’éclat du produit. Alors quand on sait qu’à la fin du XXe siècle, selon les sources, entre 4% (producteurs) et 20% (ONG) de la production mondiale de diamants portent des traces de sang africain. C’est sûr que ça fait tout de suite moins glam (Pour les chiffres, j’imagine qu’il faut compter comme pour les manifs: d’un côtés les flics, de l’autre les organisateurs et on prend la moyenne…). Face à ce problème d’« image », les experts communicants du secteur ont imaginé une sorte de certificat d’authenticité assurant de la « pureté » des pierres. Pas la pureté au sens chimique ou géologique, mais celle au sens où si vous avez tendance à regarder un peu comment est fait ce que vous achetez, c’est bon vous pouvez acheter. Mesdames, messieurs, voici la joaillerie équitable ! Ou quand les diamantaires se prennent pour Max Havelaar…

CHON


Depuis décembre, beaucoup d’encre à coulé à propos du monde virtuel Second Life (lire ci-dessous), et notamment de l’implantation en son sein d’un bureau du Front National. Le parti d'extrême droite était effectivement le premier en France à franchir le cap. En cette précampagne électorale, tout est bon pour la propagande. Pour le compte du magazine internet Ecrans, affilié à Libération, une « envoyée spéciale » était alors partie à la rencontre des instigateurs et militants du stand, expérimentant l’exercice inédit de l’interview virtuelle (lire l'article ici). Elle y avait rencontré deux avatars hommes, grands, blonds aux yeux bleus, t-shirt moulant à la flamme tricolore, qui distribuaient des tracts à l’effigie du héros Jean-Marie.

Evidemment, tout cyber qu’ils soient, ces bonhommes sont aussi militants dans la vraie vie et ne sont pas que virtuellement écervelés. Le premier d’entre eux, un certain Wolfram Hayek, 26 ans, avouait volontiers soutenir la « nationalité au mérite, ce qui n’a rien à voir avec le racisme ». Son argument choc : « L’immense majorité des immigrés ne travaillent pas et vivent de l’aide sociale. » Puis de s’emballer légèrement : « Rajoutons le coût de la criminalité et de la délinquance. »

Son confrère, Splendens Bosch, est lui chômeur et apparemment membre du FN depuis 15 ans. Malgré son statut de sans-emploi, il est, comme le prône son parti, pour la suppression des aides sociales. Viré de l’ANPE – « j’en avais marre des stages à la con » –, il fait de l’intérim depuis dix ans et espère bien que le FN lui trouve un boulot. « Ils m’en ont déjà proposé un, il y a quelques jours… dans le secrétariat. »

Un discours désormais habituel. Mais l’expérience n’a pourtant pas laissé indifférent certains utilisateurs réguliers de la plateforme. La semaine dernière, à nouveau selon Ecrans, le stand FN était pris d’assaut pendant plusieurs heures par un groupe de manifestants arborant des pancartes  « ban the FN, out of SL » qui montraient Jean-Marie Le Pen avec une charmante moustache au carré.

A toute manifestation son black bloc, un avatar en tenue commando s’est chargé des dégradations matérielles d’usage : les bureaux ont été recouverts de spray noir. Enfin, le meneur du mouvement à encore créé un slogan audio, reprenant le célèbre refrain des Bérus – « la jeunesse emmerde le Front National » – afin que les militants le scandent à la gueule des frontistes. Bref, on rigole plutôt bien sur Second Life, reste maintenant à s’assurer que Le Pen ne soit que virtuellement au second tour des élections présidentielles…

Qu'est-ce que Second Life?

On m'informe que des gens sur cette planète n'ont pas encore entendu parler de Second Life. Pour eux, donc, Second Life est une plateforme virtuelle où chacun est invité à recréer sa vie ou plus souvent à s'en inventer une autre, plus drôle. Après avoir créé et façonné son "avatar", on peut devenir big boss de multinationale, vendeur de poireaux, plasticien ou sûrement plein de trucs bien plus déviants. La monnaie locale, le Linden (1$ réel = 250 Linden $), donne la possibilité aux avatars d'échanger des biens, voire de se faire plein de pognon dans les Casinos. Pour être au jus de l'actualité de Second Life, le monde virtuel dispose de plusieurs journaux d'information, dont le Second Life Herald. L'envers du décor c'est que les marques réelles (Adidas, Toyota, IBM), comme les partis politiques avec le FN, utilise cet espace pour faire de la pub et de la propagande.

GROS TONY

 

Souvenez-vous : dans la foulée de la réélection de George Bush en novembre 2004, une bande d’arriérés fondamentalistes avaient fait le forcing dans plusieurs Etats américains pour réhabiliter le créationnisme à l’école, ou du moins briser le « dogme » de l’évolutionnisme darwinien. En janvier 2005, un sénateur du Mississipi avait notamment proposé un projet de loi visant à assurer « un traitement égal » des deux théories, affirmant que de nombreux citoyens américains « sont convaincus que l’endoctrinement de leurs enfants dans le concept de l’évolution est un acte d’hostilité à l’égard de leur foi ».

Dans le comté de Cobb, en Géorgie, les créationnistes avaient quant à eux imposé, quelques années auparavant, une mise en garde sous forme d’autocollant dans les manuels de biologie : « Ce livre contient des informations sur l’évolution. L’évolution est une théorie, non un fait... Ces informations doivent être approchées avec un esprit ouvert et critique... » Après décision des juges, pourtant, des centaines de personnes avaient dû soigneusement décoller les stickers incriminés. Si les programmes scolaires dépendent bien d’autorités locales aux Etats-Unis, l’enseignement du créationnisme est interdit dans l’ensemble du pays depuis 1987, au nom de la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Une résolution à l’amiable, définitive, vient seulement d’être signée en décembre, après maints recours. Promis, ils ne le referont plus…

Il semblerait toutefois que les citoyens de la pieuse Amérique de George Bush croient de moins en moins fermement au darwinisme. Selon une étude de LiveScience, le pourcentage des adultes acceptant la théorie de l’évolution est passé de 45 à 40% au cours des 20 dernières années, alors que 39% la rejettent encore complètement. Les 21% restant sont indécis. Maigre consolation : ils ne sont pas derniers, c’est les Turks qui ferment la marche ! Seuls 25% d’entre eux seraient partisans de Darwin.

Quel lien avec Dick Cheney et la guerre en Irak, me direz-vous ? Pas grand chose en réalité. Si ce n’est qu’un proche du vice-président américain aurait proposé, dans le cadre des différents « scénarios irakiens », une stratégie plutôt amusante comme alternative au redéploiement finalement décidé par le boss de la Maison-Blanche. Baptisée « Principe de Darwin », elle entendait « privilégier la loi du plus fort et soutenir les chiites qui sont trois fois plus nombreux que les sunnites en Irak », rapportait hier la Tribune de Genève. Comme quoi, quand le « réalisme » reprend le dessus…

GROS TONY



Voilà des coupure de presse publiées par le journal français Libération concerant un certain nombre de délires autocratiques du président turkmène Saparmourad Niazov. Ca vaut le détour. Je les laisse sous formes de coupures de presse, c'est mieux ainsi.
Bonne lecture!

RONARD

Le turkmène Niazov, guide de tous les melons
Champion du culte de la personnalité, le président du Turkménistan Saparmourad Niazov peut se targuer d'avoir un melon baptisé en son honneur : le «Turkmenbachi», son surnom, qui signifie «guide de tous les Turkmènes». Dans sa version cucurbitacée, le «Turkmenbachi» se caractérise par une «odeur délicieuse» et une «grande taille». Le nouveau venu a été présenté hier lors de la fête du melon, dont près de 200 sortes sont recensées au Turkménistan. Niazov, président à vie, Premier ministre, chef de l'armée et du seul parti de ce pays d'As ie centrale ainsi que poète à ses heures, a rendu hommage dans la presse officielle à cette journée et à son fruit : «Tous les Turkmènes célèbrent cette fête. Le melon turkmène est source de notre fierté, son goût est sans pareil au monde, son odeur vous fait tourner la tête.» (AFP 14/08/2006)
Ce qui est bon pour l'esprit du peuple turkmène
En janvier, Saparmourad Niazov, président à vie du Turkménistan, a supprimé les retraites, estimant que les enfants pouvaient subvenir aux besoins de leurs parents. Auparavant, il avait fait fermer universités et bibliothèques, et interdit le théâtre, le ballet et l'opéra, «contraires à l'esprit du peuple turkmène». Les études supérieures, de deux ans maximum, tout comme l'examen du permis de conduire, s'articulent autour des pensées de son livre, le Roukhnama, par ailleurs l'unique manuel scolaire disponible. 4/03/2006

Poète et président
Au Turkménistan, le président à vie Saparmourat Niazov a repris la plume pour un cinquième recueil de pensées en vers et en prose, intitulé Mes chers. Un ouvrage formidable que la presse officielle (il n'y en a guère d'autre) a qualifié la semaine dernière d'«incarnation de la perfection».
Niazov, qui est aussi Premier ministre, chef des armées et patron du Parti démocratique du Turkménistan (le seul autorisé), est surtout connu comme l'auteur du Roukhnama, livre-fleuve de réflexions diverses que tout Turkmène doit connaître intimement. Au point que, tous les ans, chaque fonctionnaire est soumis à un quiz. Exemple de question : «Un cheval qui peut galoper quand il est gras mais qui peut aussi galoper quand il est maigre, est-il un bon cheval ?» (réponse : oui ; voir la page 88 du Roukhmana). Le grand timonier turkmène ouvre son poème «Jygalybeg» par ces vers enchanteurs : «J'ai un puissant pur-sang turkmène, le soigneras-tu, Jygalybeg ?/ J'ai aussi un coeur brisé, le soigneras-tu, Jygalybeg ?» En août dernier, une fusée russe a courtoisement placé sur orbite un conteneur enfermant un exemplaire du Roukhnama. Ce qui, selon la presse de là-bas, «confirme l'adhésion du Turkménistan au club des puissances spatiales». (27/10/2005)

Le Turkménistan invite des pingouins dans le désert
Installer des pingouins dans le désert... Le défi n'effraye pas le président turkmène Saparmourat Niazov qui a donné l'ordre de construire un zoo dans le désert de Karakoum, au nord d'Achkhabad. Ce zoo devrait accueillir 300 espèces d'animaux, dont des pingouins. Il coûtera plusieurs millions de dollars mais les animaux y vivront dans «des conditions proches de leur milieu naturel», précise le ministère turkmène de la Protection de l'environnement, chargé du choix des animaux... et alors que la température atteint 40° l'été. Le zoo doit être construit d'ici un an, par des entreprises turques. (07/09/2005)

Niazov, Turkmène en live et à vie
Pour préserver «l'épanouiss ement authentique de la culture et des arts nationaux» et les défendre «contre l'influence négative de facteurs étrangers», le Turkmenbachi, ou guide de tous les Turkmènes, vient d'interdire par décret l'utilisation d'enregistrements musicaux lors de concerts, à la télévision nationale et même lors de mariages. Du live, rien que du live, pour le président Saparmourat Niazov, grand amateur de musique populaire et principal acteur de la scène turkmène. Il assiste fréquemment à des concerts dont le programme comprend essentiellement des chants à sa gloire ou dont il a écrit les paroles. Les interprètes les plus méritants reçoivent des mains du Turkmenbachi des primes allant de 5 000 à 10 000 dollars. Au centre d'un culte de la personnalité, le président turkmène cumule les postes de chef de l'Etat, de Premier ministre, de commandant suprême de l'armée et de chef du seul parti autorisé. (24/08/2005)

Coup de dent contre le président turkmène
Le président de cette ancienne République soviétique d'Asie centrale avait manifesté son dédain à l'égard des dents en or, très prisées dans cette partie du monde. Résultat, les étudiants de l'université d'agriculture devant lesquels il s'était exprimé durent le lendemain montrer leur dentition à leurs enseignants et faire remplacer leurs couronnes en or par des couronnes blanches. L'anecdote, relatée dans le dernier rapport d'Amnesty International sur les violations des droits de l'homme au Turkménistan, peut prêter à sourire. Elle illustre l'ampleur du culte de la personnalité que le président à vie Saparmourat Niazov a imposé à son pays, considéré par le Parlement européen comme «une des pires dictatures au monde».
Répression. La connaissance du Rukhnama, ou Livre de l'âme, écrit par le Président, est obligatoire pour l'accès à l'université et cohab ite avec le Coran dans les mosquées. Les fonctionnaires doivent pouvoir en réciter par coeur des passages tout comme les prisonniers, sous peine de punitions en cas d'oubli, rapporte Amnesty. dans ce rapport de 35 pages diffusé mercredi, l'organisation humanitaire se penche sur la «répression de la dissidence et des libertés religieuses» dans ce pays où «la société civile ne peut pas fonctionner publiquement» et où «les partis politiques indépendants n'existent pas».
La répression s'est accentuée depuis une mystérieuse tentative d'attentat contre le président Niazov en novembre 2002 à la suite de laquelle 59 personnes ont été condamnées à des peines allant de cinq ans de prison à la perpétuité. Plusieurs ont été torturées, et «au moins deux» seraient mortes des suites de mauvais traitements. Par ailleurs, les révolutions en Géorgie, en 2003, et en Ukraine, en 2004, ont été suivies d'un nouveau tour de vis à l'égard de la société civile. De nombreuses figures, harcelées ou détenues, ont été poussées à l'exil.
Enfin, Amnesty déplore que le Turkménistan «reste un pays fermé aux observateurs des droits de l'homme». Le rapporteur spécial chargé de ce pays en 2003 par l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) n'a jamais obtenu de visa.  (11/05/2005)
Elections au Turkménistan
Le Turkménistan a voté hier pour renouveler le Medjilis (Parlement) de cette ancienne république soviétique d’Asie centrale, dirigée d’une main de fer par le président à vie Saparmourat Niazov. Seul son parti a été enregistré. (20/12/2004)
 
 Mégalomanie turkmène
Il ne manquait à la mégalomanie du président turkmène à vie, Saparmourat Niazov, qu’une trouvaille: construire, à l’extérieur de la capitale Ashgabat, un palais de glace avec cafés et restaurants pouvant accueillir mille personnes. C’est vrai, la température atteint couramment les 50° dans ce pays aussi riche en hydrocarbure que ses habitants sont démunis. Mais, a expliqué triomphalement Niazov à la télévision, c’est «pour que nos enfants puissent apprendre à skier et à patiner». Celui qui, à 64 ans, a imposé un culte de la personnalité à faire pâlir d’envie Staline, n’a soufflé mot du coût des travaux qui devraient prendre une dizaine de mois. La semaine dernière, le dictateur ­ qui sévit depuis 1985 ­ avait eu une autre idée: imposer une nouvelle épreuve dans l’examen du permis de conduire. Désormais, les Turkmènes devront démontrer leur bonne connaissance du Roukhnama, un «guide spirituel» écrit par le Président «pour défendre nos valeurs morales»… (16/08/2004)

Le président turkmène veut un livre à son sujet
Le très autoritaire président du Turkménistan, Saparmourat Niazov, a ordonné la publication d’un livre sur l’attentat manqué perpétré contre lui en novembre, afin de «stigmatiser» cet «acte de traîtrise», a annoncé hier la presse locale. (24/01/2003)

Turkménistan: année de «sa» maman
Le Parlement du Turkménistan a proclamé 2003 l’année de Gurbansoltan Niyazova, la mère du Président turkmène. Autoproclamé «Président à vie», Saparmurat Niazov vient de rebaptiser les mois de l’année, se dédiant janvier à lui-même et avril à sa maman, qu’il a perdue à l’âge de 8 ans. (20/01/2003)

Procès stalinien à la mode turkmène
«Nous sommes un groupe de criminels, une mafia, il n’y a pas une seule personne décente parmi nous, nous sommes tous bandits. Je ne suis pas une personne capable de gouverner l’Etat, je suis un criminel capable uniquement de détruire l’Etat.» C’est en ces termes dignes des grands procès staliniens que Boris Chikhmouradov, le leader de l’opposition au Turkménistan, a déclaré «espérer la générosité du grand leader du peuple turkmène», le «président à vie» Saparmourat Niazov. Condamné à la prison à perpétuité, Chikhmouradov était jugé pour une tentative d’attentat le 25 novembre contre le dictateur, attentat dont la réalité laisse sceptique nombre d’observateurs. «Vivant en Russie, nous avons consommé des drogues, et sous l’influence de l’alcool, nous avons recruté des agents qui pouvaient réaliser l’attaque terroriste», a pours uivi l’ancien vice-Premier ministre, passé à l’opposition. Et de conclure que «le président Saparmourat Niazov est un don du ciel pour le peuple du Turkménistan». (31/12/2002)
 
Saparmourat Niazov, le culte du moi de mois en mois
Au Turkménistan, le culte de la personnalité s’applique au jour le jour. Saparmourat Niazov, élu en 1999 Président à vie de cette ex-République soviétique d’Asie centrale, vient d’annoncer son intention de rebaptiser en son honneur les jours de la semaine et les mois de l’année. «Je propose de nommer le premier mois de l’année "turkmenbachi"», a ajouté Niazov, qui aime à se faire appeler de ce sobriquet, qui signifie «Père de tous les Turkmènes». Pour septembre, l’excentrique Président a proposé roukhnama, titre de l’ouvrage de morale qu’il a publié. Avril pourrait devenir gourbansoltan, du nom de sa mère, élevée en juillet au rang d’héroïne nationale pour services rendus à la République.
 Face à ce nouveau caprice de l’autocrate Niazov, la population grogne. «Si je dis à mes parents en Russie que je suis partie en vacances non pas en septembre mais en "roukhnama", et que, de toutes les façons, je ne suis pas née en janvier mais en "turkmenbachi», ils ne me comprendront pas», a estimé une fonctionnaire turkmène désabusée. (10/08/2002)

Les Turkmènes interdites de minijupes
A partir du 1er septembre, les étudiantes du Turkménistan n’auront plus le droit de se présenter en minijupe ou en pantalon. Quant aux garçons, ils seront obligés de porter le couvre-chef national orné de broderies et la cravate sera recommandée. Les minorités ethniques de cette république d’Asie centrale, comme les Russes et les Arméniens, devront également se plier aux nouvelles règles. Ces mesures font suite aux critiques du président à vie, Saparmourat Niazov, à l’égard des institutions scolaires, qu’il a accusées de ne pas suffisamment inculquer aux jeunes gens le respect des traditions et le patriotisme. Niazov dirige le Turkménistan (4,5 millions d’habitants, majoritairement musulmans) depuis 1985. Longtemps premier secrétaire du comité central du Parti communiste turkmène, il a été nommé président à vie en 1999 après un vote unanime du Parlement. Depuis, le Président se fait appeler Turkmenbashi, soit «le père de tous les Turkmènes». (20/06/2001)

Mère symbole
La lointaine république du Turkménistan a trouvé son symbole national: Gorbansoltan Niazova, la propre mère ­ décédée ­ du Président. Mme Niazova a déjà une statue à son effigie et une rue à son nom dans la capitale, Achgabat. Un parfum porte aussi son nom.
 Mais les Turkmènes en demandent plus, selon un quotidien local. Par milli ers, ils ont envoyé des lettres au Président, Saparmourat Niazov, pour que sa maman soit partout représentée avec une balance à la main, comme Thémis, la déesse grecque de la justice. «Il s’agirait d’un symbole qui représenterait l’objectivité absolue de la justice turkmène», souligne le Netralny Turkmenistan, pour qui «cette grande femme symbolise également la sagesse de l’amour, la gentillesse et la féminité».
 Le Président, qui se fait appeler «Tukmenbachi», soit «le père de tous les Turkmènes», a été nommé président à vie en 1999 après un vote unanime du Parlement. De nombreuses statues en bronze et en or décorent sa capitale et son portrait figure sur tous les bâtiments officiels. Sa mère est morte en 1948 pendant un tremblement de terre. (31/01/2001)


Pas de bol ! Fini le temps où Nicolas Sarkozy se pavanait aux côtés de sa clique de célébrités, Johnny Halliday, Pascal Sevran et Doc Gynéco en tête. Ces ralliements, plutôt innattendus pour certains, avaient provoqué un énorme battage médiatique autour de la peopolisation de la politique, sans que le petit Nicolas n'en fasse grand cas. Depuis début décembre, le bougre doit commencer à nourrir quelques regrets en voyant ses protégés débiter les bourdes à la minute. On croirait presque que les trois guignols en question se sont concertés pour lui foutre la honte simultanément. Ses plus virulents adversaires n’auraient pas fait mieux. 
D’abord il y a Pascal Sevran et son humour décapant : « La bite des Noirs est responsable de la famine en Afrique », « il faudrait stériliser la moitié de la planète ». Jamais il nous avait autant fait rire. Malgré ses excuses, celui qui « chante la vie » se fait implacablement traiter de « pauvre con » par l’intelligentsia française et écope d’un avertissement (clément) de France 2. Ensuite il y a les démêlés judiciaires de Doc Gynéco, qui a été condamné (discrètement) le 8 décembre dernier à 800'000 euros d’amende dans le cadre d’un redressement fiscal. Bien vu. En même temps fallait s’y attendre, il a surement fumé sa déclaration. Enfin, il y a ce bon vieux rocker de Johnny, qui « en a marre, comme beaucoup de français, de payer autant d’impôts » et décide subitement de venir s’installer en Suisse, dans la très selecte station de Gstaad. Comme leçon de civisme, on a déjà vu mieux. Et quand on lui demande de se justifier, il répond sobrement : « j’en ai rien à foutre ! » Presque aussi marrant que Pascal, finalement.
Maintenant qu’on s’amuse comme des fous, attendons patiemment les frasques scandaleuses de Christian Clavier, Jean Reno ou encore Steevy… Euh… non, pour Steevy en fait, aucun risque : son créneau c’est plutôt l’auto-humiliation permanente.

GROS TONY

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