Tout comme ses films, Nicolas n'a certainement pas compris, mais a trouvé ça très beau. Enrico Macias, alors en tournée dans la banlieue d'Antibes, a dû se mordre les doigts de ne pas y avoir pensé plus tôt...
Bertrand Cantat est sorti de prison.
La verve oratoire n’a jamais été son point fort. Il n’y avait donc pas grand chose à espérer du discours de Ségolène Royal après son résultat du premier tour. Mais je n’imaginais pas pour autant un ratage aussi violent. Il y avait sûrement mieux à faire pour entamer un deuxième tour qui sera dans tous les cas extrêmement dur pour elle. Et l’impact de la première image, celle qui reste dans les esprits, laisse déjà un goût amer. Sarkozy, lui, l’a bien compris en attaquant tout de suite avec son discours d’agneau centriste ultra rodé à une heure d’écoute encore maximale. Faux cul au possible, certes, il a été capable de donner des frissons au plus féru des partisans de Schivardi. D’une incroyable efficacité à mon sens. La crédibilité, on verra ensuite…
Royal, elle, attends, attends, et lorsqu’elle parle, enfin, c’est les téléspectateurs qui attendent… que ça finisse. Le décor d’abord. Tailleur blanc sur fond blanc, on aurait pu imaginer mieux. Comme si le but était que personne ne la remarque. Ensuite, il y a ces gestes de mains pour calmer la foule, très bizarres; semi-autoritaire-sérieuse «silence les enfants», semi-paralysée «je vais me planter, putain, je vais me planter!». Et puis, le grand vide: 10 ou 15 secondes de silence où tout le monde reste suspendu, se demandant «mais qu’est-ce qu’elle fout? elle va quand même pas nous chanter la Marseillaise!». Au moins cet instant aura été teinté d’un soupçon d’émotion. Avant que le robot ne se mette en marche, pour dix très longues minutes. Une «spontanéité brejnevienne», comme le dit très bien Pascal Riché sur son blog (au passage, RIP Boris Eltsine, qui vient de rejoindre le paradis des souillasses).
Puis, très vite, c’est le couac. La lumière s’éteint. A ce moment, je m’imagine le type qui s’est tranquillement appuyé contre le mur sans remarquer l’interrupteur et que tout le monde va engueuler trois secondes après, alors qu’il «avait pourtant pas fait exprès»! Bref, la cata... Le tout transpire une fébrilité hallucinante, surtout après le one man show pétillant du Sarkozy nouveau. On peut déplorer que la politique devienne une guerre d’images, mais négliger à ce point la communication politique me parait quand même désespérant.
Quoi qu’il en soit, le match est lancé. Et un discours ne fait pas plus une élection qu'un(e) président(e). On se réjouit déjà du débat face à face le 2 ou 3 mai prochain. Résurrection inattendue ou boucherie sans nom? Ça risque quand même bien de saigner…
GROS TONY
La guerre des Wiki fait rage! De plus en plus d’émules de Wikipedia apparaissent sur le web en utilisant le même modèle d’encyclopédie participative. Après Anarchopedia ou Wikiberal, qui sont plutôt des bases de données dans leurs domaines respectifs, le Wiki qui fait sensation en ce moment est Conservapedia!
Comme le rapporte le magazine Ecrans (lire ici), ce moteur de recherche a été imaginé par quelques conservateurs américains qui n’en pouvaient plus du Wikipedia officiel jugé «trop à gauche». «Wikipedia est six fois plus libéral (comprendre 'à gauche de l'échiquier') que le public américain», écrivent-ils dans une page qui liste les «biais politiques» de Wikipedia. C’est vrai que se présenter officiellement comme conservateur est un sérieux gage d’objectivité!
Mais surtout, expliquent-ils très sérieusement, «les armes nous protègent de la tyrannie des gouvernements corrompus. Si seuls les militaires étaient armés, notre démocratie deviendrait une dictature. Ce fut le cas lors de la formation de plusieurs régimes totalitaires, comme l’Allemagne nazie, la Chine communiste et l’Union soviétique». On en apprend des choses dans le dictionnaire...
Peut-être que certains d’entre vous ont aussi reçu ce mail: «Voici un reportage de lundi investigation sur Canal. Il a été interdit d'antenne et ne passera donc jamais sur la chaîne. Regardez-le vite! http://video.google.fr/videopl
A diffuser, avant la censure définitive!» Intrigué, je clique sur le lien et découvre un documentaire plutôt explosif sur les OGM. Des rapports scientifiques prouvant la nocivité des OGM sur les rats, donc potentiellement sur les hommes, auraient été volontairement occultés par le Ministère de l’agriculture.
Bref, la théorie du complot qui se dessine est double: de la même manière que ces résultats scientifiques ont été cachés au public, Canal + aurait tout bonnement censuré l’émission.
«Tous les mêmes, tous pourris!», se diront probablement les plus suspicieux. Pour ma part, c’est en voyant la date de diffusion (ou de non diffusion) du reportage, le 15 septembre 2005, que j’ai eu quelques doutes. Improbable qu’un telle histoire soit restée secrète pendant aussi longtemps.
Et la réponse à mes interrogations est tombée hier, dans les colonnes de Libé, dont un journaliste a pris le temps de vérifier la chose. Censure? Pas le moins du monde! Le reportage a bel et bien été diffusé sur Canal + le 15 novembre 2005 dans l’émission 90 minutes, sans qu'aucune entrave n'ait été constatée… Alors que l'enquête, elle, porte sur des faits étayés, sa censure est donc une pure fabulation médiatique... qui ne fait d'ailleurs pas que des malheureux. Le complot est plutôt vendeur en ce moment et attire facilement tous les regards du web. Interrogé par Libé, le directeur de l’émission à l’époque, Paul Moreira, en rigole grassement: «C’est historique! A cause de cette fausse histoire de censure, ce doc a été vu par deux fois plus de gens sur internet qu’à la télé.»
Vous avez sûrement entendu parler de Blood Diamonds, film hollywoodien pour lequel Di Caprio est nominé aux oscars? Non? C’est pas grave, je ne l’ai moi même pas vu, il paraît qu’il est tout pourri… Non, ce qui m’intéresse, c’est plutôt le phénomène médiatique qui l’entoure: les ONG Global Witness et Amnesty International en ont profité pour dénoncer, avec le poids que peut posséder un Di Caprio, le négoce de diamants sales.
Depuis décembre, beaucoup d’encre à coulé à propos du monde virtuel Second Life (lire ci-dessous), et notamment de l’implantation en son sein d’un bureau du Front National. Le parti d'extrême droite était effectivement le premier en France à franchir le cap. En cette précampagne électorale, tout est bon pour la propagande. Pour le compte du magazine internet Ecrans, affilié à Libération, une « envoyée spéciale » était alors partie à la rencontre des instigateurs et militants du stand, expérimentant l’exercice inédit de l’interview virtuelle (lire l'article ici). Elle y avait rencontré deux avatars hommes, grands, blonds aux yeux bleus, t-shirt moulant à la flamme tricolore, qui distribuaient des tracts à l’effigie du héros Jean-Marie.
Evidemment, tout cyber qu’ils soient, ces bonhommes sont aussi militants dans la vraie vie et ne sont pas que virtuellement écervelés. Le premier d’entre eux, un certain Wolfram Hayek, 26 ans, avouait volontiers soutenir la « nationalité au mérite, ce qui n’a rien à voir avec le racisme ». Son argument choc : « L’immense majorité des immigrés ne travaillent pas et vivent de l’aide sociale. » Puis de s’emballer légèrement : « Rajoutons le coût de la criminalité et de la délinquance. »
Son confrère, Splendens Bosch, est lui chômeur et apparemment membre du FN depuis 15 ans. Malgré son statut de sans-emploi, il est, comme le prône son parti, pour la suppression des aides sociales. Viré de l’ANPE – « j’en avais marre des stages à la con » –, il fait de l’intérim depuis dix ans et espère bien que le FN lui trouve un boulot. « Ils m’en ont déjà proposé un, il y a quelques jours… dans le secrétariat. »
Un discours désormais habituel. Mais l’expérience n’a pourtant pas laissé indifférent certains utilisateurs réguliers de la plateforme. La semaine dernière, à nouveau selon Ecrans, le stand FN était pris d’assaut pendant plusieurs heures par un groupe de manifestants arborant des pancartes « ban the FN, out of SL » qui montraient Jean-Marie Le Pen avec une charmante moustache au carré.
A toute manifestation son black bloc, un avatar en tenue commando s’est chargé des dégradations matérielles d’usage : les bureaux ont été recouverts de spray noir. Enfin, le meneur du mouvement à encore créé un slogan audio, reprenant le célèbre refrain des Bérus – « la jeunesse emmerde le Front National » – afin que les militants le scandent à la gueule des frontistes. Bref, on rigole plutôt bien sur Second Life, reste maintenant à s’assurer que Le Pen ne soit que virtuellement au second tour des élections présidentielles…
Qu'est-ce que Second Life?
On m'informe que des gens sur cette planète n'ont pas encore entendu parler de Second Life. Pour eux, donc, Second Life est une plateforme virtuelle où chacun est invité à recréer sa vie ou plus souvent à s'en inventer une autre, plus drôle. Après avoir créé et façonné son "avatar", on peut devenir big boss de multinationale, vendeur de poireaux, plasticien ou sûrement plein de trucs bien plus déviants. La monnaie locale, le Linden (1$ réel = 250 Linden $), donne la possibilité aux avatars d'échanger des biens, voire de se faire plein de pognon dans les Casinos. Pour être au jus de l'actualité de Second Life, le monde virtuel dispose de plusieurs journaux d'information, dont le Second Life Herald. L'envers du décor c'est que les marques réelles (Adidas, Toyota, IBM), comme les partis politiques avec le FN, utilise cet espace pour faire de la pub et de la propagande.
Souvenez-vous : dans la foulée de la réélection de George Bush en novembre 2004, une bande d’arriérés fondamentalistes avaient fait le forcing dans plusieurs Etats américains pour réhabiliter le créationnisme à l’école, ou du moins briser le « dogme » de l’évolutionnisme darwinien. En janvier 2005, un sénateur du Mississipi avait notamment proposé un projet de loi visant à assurer « un traitement égal » des deux théories, affirmant que de nombreux citoyens américains « sont convaincus que l’endoctrinement de leurs enfants dans le concept de l’évolution est un acte d’hostilité à l’égard de leur foi ».
Dans le comté de Cobb, en Géorgie, les créationnistes avaient quant à eux imposé, quelques années auparavant, une mise en garde sous forme d’autocollant dans les manuels de biologie : « Ce livre contient des informations sur l’évolution. L’évolution est une théorie, non un fait... Ces informations doivent être approchées avec un esprit ouvert et critique... » Après décision des juges, pourtant, des centaines de personnes avaient dû soigneusement décoller les stickers incriminés. Si les programmes scolaires dépendent bien d’autorités locales aux Etats-Unis, l’enseignement du créationnisme est interdit dans l’ensemble du pays depuis 1987, au nom de la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Une résolution à l’amiable, définitive, vient seulement d’être signée en décembre, après maints recours. Promis, ils ne le referont plus…
Il semblerait toutefois que les citoyens de la pieuse Amérique de George Bush croient de moins en moins fermement au darwinisme. Selon une étude de LiveScience, le pourcentage des adultes acceptant la théorie de l’évolution est passé de 45 à 40% au cours des 20 dernières années, alors que 39% la rejettent encore complètement. Les 21% restant sont indécis. Maigre consolation : ils ne sont pas derniers, c’est les Turks qui ferment la marche ! Seuls 25% d’entre eux seraient partisans de Darwin.
Quel lien avec Dick Cheney et la guerre en Irak, me direz-vous ? Pas grand chose en réalité. Si ce n’est qu’un proche du vice-président américain aurait proposé, dans le cadre des différents « scénarios irakiens », une stratégie plutôt amusante comme alternative au redéploiement finalement décidé par le boss de la Maison-Blanche. Baptisée « Principe de Darwin », elle entendait « privilégier la loi du plus fort et soutenir les chiites qui sont trois fois plus nombreux que les sunnites en Irak », rapportait hier la Tribune de Genève. Comme quoi, quand le « réalisme » reprend le dessus…
ie centrale ainsi que poète à ses heures, a rendu hommage dans la presse officielle à cette journée et à son fruit : «Tous les Turkmènes célèbrent cette fête. Le melon turkmène est source de notre fierté, son goût est sans pareil au monde, son odeur vous fait tourner la tête.» (AFP 14/08/2006)
ement authentique de la culture et des arts nationaux» et les défendre «contre l'influence négative de facteurs étrangers», le Turkmenbachi, ou guide de tous les Turkmènes, vient d'interdire par décret l'utilisation d'enregistrements musicaux lors de concerts, à la télévision nationale et même lors de mariages. Du live, rien que du live, pour le président Saparmourat Niazov, grand amateur de musique populaire et principal acteur de la scène turkmène. Il assiste fréquemment à des concerts dont le programme comprend essentiellement des chants à sa gloire ou dont il a écrit les paroles. Les interprètes les plus méritants reçoivent des mains du Turkmenbachi des primes allant de 5 000 à 10 000 dollars. Au centre d'un culte de la personnalité, le président turkmène cumule les postes de chef de l'Etat, de Premier ministre, de commandant suprême de l'armée et de chef du seul parti autorisé. (24/08/2005)
ite avec le Coran dans les mosquées. Les fonctionnaires doivent pouvoir en réciter par coeur des passages tout comme les prisonniers, sous peine de punitions en cas d'oubli, rapporte Amnesty. dans ce rapport de 35 pages diffusé mercredi, l'organisation humanitaire se penche sur la «répression de la dissidence et des libertés religieuses» dans ce pays où «la société civile ne peut pas fonctionner publiquement» et où «les partis politiques indépendants n'existent pas».
uivi l’ancien vice-Premier ministre, passé à l’opposition. Et de conclure que «le président Saparmourat Niazov est un don du ciel pour le peuple du Turkménistan». (31/12/2002)
ers, ils ont envoyé des lettres au Président, Saparmourat Niazov, pour que sa maman soit partout représentée avec une balance à la main, comme Thémis, la déesse grecque de la justice. «Il s’agirait d’un symbole qui représenterait l’objectivité absolue de la justice turkmène», souligne le Netralny Turkmenistan, pour qui «cette grande femme symbolise également la sagesse de l’amour, la gentillesse et la féminité».
GROS TONY
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